LE CAHIER - Chapitre 2
Michel releva le col de son manteau, mit son bonnet sur sa tête et ouvrit la porte. Le froid mordant le saisit et il frissonna malgré le long manteau d’hiver qui l’enveloppait jusqu’aux chevilles. Le soleil se couchait à l’horizon et la froidure s’abattait sur la ville qui sombrait peu à peu dans l’obscurité. Les lumières des lampadaires prirent le relais du jour. Enfonçant les mains dans ses poches, il s’engagea dans les rues de la vieille ville.
Demain matin, les champs seront blancs de givre, pensa-t-il.
Il salua d’un hochement de tête quelques connaissances qui se hâtaient vers la chaleur de leur foyer, et répondirent de la même manière ou d’une main rapidement agitée et replongée dans la poche. Il sortit à la tour de l’Horloge – vestige des remparts du château de l’Empéri –, jeta un regard vers la fontaine Moussue aux filets d’eau tombant de son « champignon » de verdure brûlé par le froid, faiblement éclairée par les lumières de la place et s’engagea dans le boulevard. C’était l’heure de fermeture des magasins. Le bruit des rideaux en fer résonnait dans l’air glacé du soir. L’un après l’autre, ils se baissaient sur son chemin… Il sourit un instant à la pensée qu’il contrôlait leur fermeture… l’idée était amusante.
Sur la place Morgan quasiment déserte à cette heure, il n’eut pas de mal à distinguer sa voiture, esseulée sous l’auvent en fer qui faisait toute la longueur de la place sur un côté et abritait le marché du mercredi matin. Lorsqu’il l’avait garée en début d’après-midi, il avait dû faire deux fois le tour pour trouver une place. Il s’engouffra rapidement dedans, tourna la clé de contact. Le moteur ronfla et quelques minutes plus tard une douce chaleur commença à réchauffer l’habitacle. Il enleva son manteau, mit sa ceinture de sécurité et démarra. Peu de voitures à cette heure, il sortit vite de la ville et prit la direction d’Eyguières.
Quelques décennies en arrière, il avait trouvé ce petit mas laissé à l’abandon, à mi-chemin entre Eyguières et Salon, l’avait acheté et retapé année après année. L’isolement de l’endroit convenait parfaitement à son caractère solitaire. Sans aucune famille proche, le vieil homme se plaisait sur ce bout de terre entouré de champs d’oliviers et de garrigue, sa Roseraie.
En phase relecture/correction... sortie prévue en 2012
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